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En kiosque cette semaine le n° 2865 du
4/7/2008

Le
Pen, Galic et Bourbon
lourdement
condamnés !
LE
8 février la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de
Paris présidée par Jean-Philippe Draeher rendait son
jugement dans l’affaire de l’interview accordée
à notre journal le 7 janvier 2005 par le président
du Front national qui confiait notamment qu’”en France
du moins, l’occupation allemande n’a pas été
particulièrement inhumaine, même s’il y eut des
bavures, inévitables dans un pays de 550 000 km2”.
Les condamnations sont lourdes et correspondent presque exactement
aux réquisitions du substitut Anne de Fontette (RIV. du 21
décembre 2007). Qu’on en juge: échappant à
la prison avec sursis réclamée par le parquet,
Camille Galic a été condamnée à 5 000
euros d’amende pour apologie de crimes de guerre et
contestation de crime contre l’humanité (à
l’audience 5 000 euros avaient été requis et
deux mois de prison avec sursis contre notre directrice). Pour
complicité d’apologie de crimes de guerre et de
contestation de crimes contre l’humanité, Jean-Marie
Le Pen a été condamné à 10 000 euros
d’amende et 3 mois de prison avec sursis (le substitut avait
requis la même amende et 5 mois de prison avec sursis) et
Jérôme Bourbon à 2 000 euros d’amende (3
500 euros avaient été demandés).
Les
dommages et intérêts sont encore plus exorbitants
même si les sommes obtenues sont moindres que ce que
réclamaient les parties civiles. Galic, Le Pen et Bourbon
sont ainsi condamnés à verser solidairement 10 501
euros de dommages et intérêts et indemnités
dues au titre de l’article 475-1 (remboursements des frais
d’avocats) ainsi répartis: 3 001 euros à
l’association des Fils et Filles de déportés
juifs de France de Serge Klarsfeld (qui n’avait pourtant
réclamé que l’euro symbolique!), 2 500 euros
au MRAP de Mouloud Aounit, 2 500 euros à la Ligue des
droits de l’homme et 2 500 à la Fédération
nationale des déportés et internés,
résistants et patriotes (FNDIRP). Enfin, Galic, Le Pen et
Bourbon sont condamnés à insérer la
publication du jugement dans les journaux Le Monde, Le Figaro,
Libération dans la limite de 5 000 euros par insertion,
soit 15 000 euros supplémentaires. Le communiqué du
jugement doit également être publié dans
RIVAROL. En revanche, la mairie de Villeneuve d’Ascq est
jugée irrecevable en sa constitution de partie civile. Au
total, l’ensemble des amendes, dommages et intérêts,
frais d’insertion et d’avocat pour les trois condamnés
dépasse donc 42 500 euros (soit près de 280 000
francs) dont 27 001 euros à la charge de RIVAROL. Même
si ce total est inférieur au montant des exigences
exprimées lors de l’audience du 14 décembre
(150 000 euros), nous faisons évidemment appel, ce qui
suspend les peines.
Le
tribunal dit l’histoire et non le droit
Quant
au jugement lui-même, il s’agit d’un cours
d’histoire. Les juges ne disent plus le droit comme l’avait
déploré notre avocat Eric Delcroix à
l’audience, ils écrivent l’histoire. Dans leur
pétition “Liberté pour l’histoire”
du 12 décembre 2005 qui demandait l’abrogation des
lois mémorielles dont la loi Fabius-Rocard-Gayssot,
dix-neuf intellectuels dont Alain Decaux, Jean-Pierre Azéma,
Elisabeth Badinter avaient expliqué que “l’histoire
n’est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il
n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité
judiciaire de définir la vérité historique”.
C’est pourtant exactement ce qui s’est passé
dans notre affaire et l’on peut regretter que ces
personnalités soient restées silencieuses comme
elles l’avaient déjà été dans
l’affaire Gollnisch. Le Pen — et nous avec lui —
sommes condamnés pour “falsification historique
délibérée”. Ce dont s’est
aussitôt félicité Me Richard Sebban, l’avocat
du MRAP, pour qui cette “condamnation très lourde,
rarissime en droit de la presse, est à la hauteur de la
falsification gravissime” répercutée par notre
journal.
Le
tribunal a en effet estimé qu’en tenant les propos
incriminés, le président du Front national avait
“réécrit l’Histoire, se gardant bien
d’évoquer les pires exactions (sic) commises par la
Gestapo à l’encontre des juifs français, des
résistants et des otages civils mais tentant au contraire
de minimiser les crimes de celle-ci”, et qu’il a
“donné de la Gestapo une image positive, l’érigeant
en autorité protectrice de la population française,
occultant les crimes dont elle s’est rendue coupable”.
On
se souvient que dans l’affaire des disques de la SERP sur le
IIIe Reich, la justice en première instance, en appel et en
cassation, avait déjà condamné Le Pen pour
apologie de crimes de guerre en lui faisant grief d’avoir
publié un texte sur les conditions d’arrivée
d’Hitler au pouvoir et où il n’était pas
fait mention des crimes du national-socialisme. Mais si l’on
ne peut plus parler d’Hitler, de la NSDAP ou de la Gestapo
sans être contraint de systématiquement faire mention
de tous les crimes qui leur sont attribués, autant dire
qu’il devient quasiment impossible d’aborder ces
sujets.
Quant
à “ériger la Gestapo en autorité
protectrice de la population française”, c’est
mot pour mot ce qu’avait très abusivement reproché
à Le Pen Christiane Chombeau dans son article vipérin
du Monde le 13 janvier 2005, celui-là même qui avait
lancé l’affaire et qui nous a conduits sur les bancs
du tribunal correctionnel. Que les juges prennent leurs ordres ou
leurs inspirations dans le “quotidien de référence”,
au lieu de faire du droit, est symptomatique des dérives de
l’institution judiciaire.
Gardiens
de l’Historiquement Correct, les magistrats de la XVIIe ont
considéré qu’en évoquant une
“occupation allemande pas particulièrement inhumaine”
le chef du FN “occulte ou à tout le moins tente
d’instiller un doute sur ce qui a pu être commis par
les nazis sur le territoire français comme la déportation
des Juifs ou les persécutions contre les résistants
et qui constituent autant de crimes contre l’humanité”.
Tous les mots employés par Le Pen et que nous avons
reproduits sont comptés à charge: ainsi le terme
“bavures” “tend à renforcer le caractère
négationniste du propos en ce qu’il vise à
minimiser les exactions commises, qui seraient des actes de
personnes isolées, agissant sans ordre préalable et
sans la moindre programmation, et donc seraient dépourvues
de l’organisation telle que le prévoit l’article
9 du statut du Tribunal militaire international de Nuremberg”.
Lequel est érigé en nouvel Evangile.
Une
guerre qui continue
En
1948, il y a tout juste soixante ans, Maurice Bardèche
publiait Nuremberg ou la terre promise, le premier ouvrage
révisionniste très critique sur la justice des
vainqueurs et sur la version officielle de la Seconde Guerre
mondiale. Au bout d’une bataille judiciaire de six années,
le beau-frère de Brasillach — qui nous a quittés
en 1998 — était condamné à un an de
prison ferme pour apologie de crimes de guerre. Mais qui eût
imaginé que deux générations plus tard, la
liberté de parole, d’expression et de recherche sur
tout ce qui touche la période de la guerre serait encore
plus réduite que trois ans après la cessation des
hostilités?
On
le voit chaque jour davantage, si les armes se sont tues en 1945,
la guerre continue encore sous d’autres formes:
intellectuelle, morale, spirituelle, idéologique,
judiciaire. Et celle-là ne semble pas près de
s’achever.
Fabienne
BALLARIN.
Chard(kozy?)
présidente!
Tout
ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Président, sa
vie, son ambition, sa carrière politique, sa traversée
du désert, son irrésistible ascension, ses
palinodies, ses promesses, son encombrante épouse, les
ennemis qu’il a dû terrasser comme les amis qu’il
a dû trahir, tout cela se trouve ici réuni en une
soixantaine de dessins inédits ou publiés dans
RIVAROL. Un aperçu sur la vie politique de ces dernières
années jusqu’à l’actualité la
plus brûlante — dans les acceptions les plus variées
du terme.
On
se gardera de donner dans le poncif qui veut qu’un bon
dessin vaille mieux qu’un long discours. Il est pourtant
tout à fait “en situation” dans cet album.
Notre amie Chard y fait preuve de sa perspicacité
coutumière. De son art de repérer, quasiment au jour
le jour, l’acte ou les paroles sur lesquels focaliser son
regard.
Dans
ce domaine, elle manifeste une lucidité peu commune —
et d’abord parce qu’à l’inverse de nombre
de ses confrères caricaturistes, elle n’est inféodée
ni au “politiquement correct”, ni à son
corollaire, le désir de plaire au plus grand nombre.
Cette
liberté de regard lui permet de trouver toujours des angles
d’attaque (si j’ose écrire) originaux. En cela
aussi elle se distingue des autres dessinateurs politiques. Son
talent fait le reste: un trait aussi ferme qu’acéré,
une “mise en scène” qui suggère bien
au-delà de ce que représente son dessin. Chacune de
ses planches offre un parfait condensé d’analyse et
de synthèse.
Analyse
d’une situation toujours choisie avec discernement, synthèse
de ses divers éléments pour aboutir à une
présentation immédiatement frappante. A la fois
drôle (nul n’a mieux croqué Sarko, ses tics,
ses mimiques, mais aussi ceux qui occupent les rôles
principaux dans la comédie, Chirac le sortant, Ségolène
et les autres concurrents à la Présidence, les
ministres et le Parti socialiste, l’UMP enlevée à
la hussarde, le peuple en sa diversité) et impitoyable.
Car
Chard ne rate jamais sa cible. Son humour est corrosif, aussi bien
dans ses dessins que dans les légendes, les commentaires ou
les dialogues qu’elle prête à ses personnages.
Elle ne recule ni devant le calembour — en témoigne
le titre de son album — ni devant les formules percutantes.
Pas davantage devant le symbole et l’allégorie. Voilà
pourquoi ses planches sont si parlantes.
Ainsi
ce petit volume permet-il, à travers l’épopée
sarkozyenne qui lui sert de fil conducteur, de revenir sur les
principaux événements dont s’est nourrie
l’actualité de ces dernières années.
Une actualité par nature fugace. On en retrouve des
éléments oubliés, des dessins qui n’ont
rien perdu de leur pouvoir. On rit souvent, même si
l’amertume ou l’indignation viennent parfois se mêler
à l’allégresse. Et on se dit que, même
si “l’Histoire ne repasse pas les plats”, ce
retour sur un passé récent pourrait aussi éclairer
un avenir bien incertain.
P.-L.
MOUDENC.
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Ed.
des Tuileries/Rivarol. L’album de 64 pages, format à
l’italienne, 10 euros ou 12 euros franco de port. Chèque
à Editions des Tuileries, 1 rue d’Hauteville, 75010
Paris. Dédicace sur demande. Bien entendu, Chard dédicacera
ce nouvel album le samedi 20 octobre à notre “pot de
l’amitié” où Ghislain de Diesbach
dédicacera également son succulent Petit
Dictionnaire des idées mal reçues chroniqué
dans notre n° du 21 septembre.
Chard : Ma déclaration des droits de
l’homme

Si j’étais libraire, je placerais le
nouvel album de Chard dans le rayon « Traités de
Droit constitutionnel ». Le propre des grands humoristes est
en effet leur sérieux (quant au fond) : un bon cartoon ne
se contente pas de faire rire, il fait aussi réfléchir,
et c’est pour cela que son auteur reste dans la mémoire.
Ici, notre amie frappe à la tête : la «
Déclaration universelle des droits de l’homme »,
adoptée par l’ONU en 1948, est le principe suprême
de ce que les étudiants appellent irrévérencieusement
le « Droit con » (Droit constitutionnel et libertés
publiques), bref : le décalogue de la religion laïque
et obligatoire de l’humanité libérée de
toutes les chaînes du passé ; c’est à sa
toise que doivent être jugées les Constitutions de
tous les pays. Après les 45 dessins de Chard, ces nouvelles
Tables de la Loi sont très mal en point.
Aucun parti pris là-dedans : la satire
frappe équitablement de tous côtés, Beurs des
banlieues comme Juifs de Palestine, mœurs du Tiers Monde et
arrogance occidentale, et le premier dessin de la série
donne à entendre que sitôt sortis de l’œuf
les petits d’homme sont rétifs à la morale
internationaliste. Dans cette nouvelle « raison par alphabet
» ou plutôt par articles, cela pleut de tous les
côtés, magistrature, CGT, prébendiers de la
Fonction publique (représentée avec une poitrine
nourricière aux multiples seins comme l’Artémis
d’Ephèse), lois pénales rétroactives, «
droits de la femme » en Islam, tout y passe — avec une
mention particulière pour l’article 9, dédié
au révisionniste Zündel, et le 25-2, sur l’avortement.
Ce qui est fustigé ici, c’est
l’hypocrisie. On sait bien que l’idéal n’est
jamais réalisé sur terre ; mais ce qui est
intolérable, c’est le mensonge cynique. Bardèche
disait : « Quand Brennus ajoute son épée dans
la balance en disant Vae victis !, au moins il ne se prend pas
pour Salomon. » Et cela n’est pas nouveau : quand, à
l’école primaire, je devais ingurgiter le catéchisme
laïque sur notre immortelle Révolution, mon père
me faisait réciter ma leçon avec sévérité,
puis, quand je finissais par la savoir par cœur, il
concluait : « Et surtout, souviens-toi que tout ça
n’est pas vrai ! ».
Le jeu de massacre joyeux de Chard sur des
sujets qui ne le sont pas s’ouvre sur une belle préface
sereine de Ghislain de Diesbach dont tout serait à citer.
Il y a d’autres façons de critiquer notre Loi suprême
: on m’a montré récemment un rouleau de papier
hygiénique où sur chaque feuille est imprimé
un article de la Déclaration des Droits de 1789. C’est
moins argumenté, et surtout c’est moins artistique —
car je n’ai pas encore parlé du trait de Chard, ni de
son don de caractériser les types humains et sociaux ; mais
cela, les lecteurs de RIVAROL le savent depuis longtemps.
Marcel SIGNAC.
Ma Déclaration des Droits de
l’homme, 10 euros l’exemplaire (12 euros franco) ou 25
euros les 3 exemplaires (29 euros fco). Dédicace sur
demande. Chèques à Editions des Tuileries, 1 rue
d’Hauteville, 75010 Paris.

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