“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”

 

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Martin Peltier : “Zemmour peut être un allié”


RIVAROL : Pourquoi un livre sur Zemmour ? Par haine idéologique, comme Noël Mamère qui a écrit Contre Zemmour, ou simplement pour profiter d’une mode ?


Martin PELTIER : A l’extrême droite, nous voyons les phénomènes sociaux, spirituels et politiques se dessiner vingt ou trente ans avant le commun des mortels, des politiques, des media, et, quand ils arrivent dans la lumière, à la connaissance du plus grand nombre, nous nous détournons, soit parce que n’y voyons plus d’intérêt, soit par fatigue, soit encore par discrétion. C’est très élégant, mais ce n’est pas productif. Zemmour est aujourd’hui un phénomène de société, il rencontre un succès public énorme en France, en reprenant des thèmes que Madiran, Brigneau, moi-même, avons explorés et analysés voilà trente ans, dans l’indifférence et l’hostilité, avec pour seul soutien la fidélité de quelques lecteurs d’extrême droite. Il est intéressant d’examiner ce succès, d’en déterminer à la fois l’utilité et les limites. Et si en plus, cela permet, en passant derrière la moissonneuse-batteuse Zemmour, de glaner quelques fétus de succès, tant mieux.


R. : Mais pourquoi ce titre, A poil Zemmour ? C’est bien agressif, limite vulgaire !


M. P. : Le livre aurait pu s’appeler Contre Zemmour, tout contre, tant l’œuvre de Zemmour contient de choses sottes, ou brouillonnes, confuses, insuffisantes, et en même temps que des choses vraies, salubres, roboratives, qui percent à propos le brouillard nauséeux des media. J’observe la Zemmour Mania et le Zemmour Bashing, et, moi qui le connais, il ne me semble valoir ni cet excès d’honneur, ni cette indignité. A poil Zemmour fait référence à la danse du scalp que mène autour de lui le PAP, le paysage audiovisuel parisien, en même temps qu’à l’attente de nombreux Français que ses saillies à la télévision réjouissent plutôt, mais qui aimerait savoir quel être humain se cache sous la défroque du provocateur.


R. : Soit. Que dit votre livre ?


M. P. : C’est un libelle, court comme il se doit, caustique, mais sans méchanceté, articulé en neuf lettres à Eric Zemmour ayant chacune un sujet nettement défini. La première regarde Zemmour avant Zemmour, car il se trouve qu’étant au Quotidien de Paris de Philippe Tesson, j’ai vu y arriver au milieu des années quatre-vingts un débutant aux boucles noires, aux pattes de mouches furieuses, et à la volonté déjà bien dessinée d’avoir raison. Le hasard des choses a voulu que je m’occupe de sa copie, puis plus tard que je le présente à Jean- Marie Le Pen, avec qui il a sympathisé. Je raconte ces anecdotes du vieux temps qui peuvent amuser, et surtout instruire sur la formation d’une vedette : déjà Zemmour perçait sous Eric.


R. : Vous revenez aussi sur une vieille histoire, le passage de Zemmour chez Thierry Ardisson en 2010, son dérapage sur « les noirs et les Arabes », sa condamnation pour incitation à la haine raciale.


M. P. : Je reviens en effet sur les deux principales campagnes de presse menées contre Zemmour pour le discréditer. C’est doublement utile, pour dénoncer les méthodes de l’adversaire, et pour soutenir sans réserve Zemmour, qui, en l’occurrence, est une victime emblématique de procédés dont nous avons tous souffert, procédés qui bloquent tout débat politique en France, et qui bloquent carrément la société. A vous je n’ai pas grand-chose de neuf à dire là-dessus, les voies de la diabolisation sont bien connues des lecteurs de Rivarol, même s’il peut être utile de les éclairer pour un public plus large. Ce qui est intéressant, c’est qu’elle s’applique aujourd’hui à quelqu’un du système, qui pèse un certain poids médiatique et jouit de certaines protections, la première étant son origine ethnique et religieuse. Zemmour avait rappelé, lors d’une controverse en direct sur le plateau, que dans les cités la majorité des trafiquants de drogue « sont des noirs et des Arabes ». Ses contradicteurs, et ceux qui l’on poursuivi, et ceux qui l’ont condamné, ne lui reprochaient pas d’avoir menti, mais d’avoir omis de préciser que ce fait brut peut avoir des causes nombreuses et diverses. Le témoignage en sa faveur de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l’Intérieur socialiste, ne lui a pas sauvé la mise. Ce qui revient à dire que, si l’on constate une particularité statistique regardant telle ou telle communauté, il est aujourd’hui obligatoire d’associer à cette constatation une liste des interprétations qui peuvent rendre compte de cette particularité, sous peine d’être soupçonné d’inciter à la haine de cette communauté.


R. : Je crois qu’à RIVAROL nous connaissons en détail ces procédés. Vous revenez aussi sur la toute récente attaque lancée par Léa Salamé chez Laurent Ruquier à propos de Vichy ? […]


Propos recueillis

par Jérôme BOURBON.

Billet

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