Billet hebdomadaire

 

Donald Trump, un homme d'Etat lucide et de bon sens


Le président élu Donald Trump, à quelques heures d’une entrée en fonction désormais imminente — l’intronisation officielle, avec serment sur la Bible, aura lieu le vendredi 20 janvier —, multiplie les entretiens avec les journalistes nationaux comme internationaux. Il se montre à l’aise dans un exercice qu’il a peu prisé jusqu’ici. En effet, les entretiens durant la campagne électorale avaient eu lieu surtout face, non à des professionnels de l’information, soucieux de rendre compte loyalement de ses opinions, mais à des soutiens militants de Mme Clinton, ne cessant de lui tendre des pièges, cherchant absolument à le faire tomber, à inventer des déclarations “scandaleuses”.


TRUMP RENCONTRE LA PRESSE


Maintenant qu’il est élu, Donald Trump doit désormais s’entretenir régulièrement avec les journalistes, soit sous forme d’entretiens privés, soit dans le cadre de conférences de presse. L’exercice n’est d’ailleurs pas évident : par exemple, malgré une complaisance scandaleuse en sa faveur, le président français François Hollande s’y est toujours montré nul. Les media gauchistes du Système qui ont tenu à le faire passer pour un esprit superficiel, incapable de montrer de la cohérence d’ensemble ou de la suite dans les idées, se sont manifestement trompés. Les réponses de Trump à des questions de journalistes britanniques et allemands travaillant pour les quotidiens The Times et die Welt ont fait beaucoup de bruit ces derniers jours.

Donald Trump a trouvé le ton juste. Il n’est certes plus tout à fait celui de la campagne, ce qui est parfaitement normal. Mais Trump pour l’heure ne renie pas ses promesses de campagne, à la différence du tandem Chirac-Juppé qui renia en 1995 toutes les promesses, du reste intenables, quelques semaines seulement après l’accession à la magistrature suprême du Corrézien. Barack Obama lui-même, malgré des journalistes énamourés, n’a guère brillé objectivement dans cet exercice : il s’est contenté de propos flous, plus ou moins consensuels, dans le sens du politiquement correct ; il ne s’est mis à parler de manière claire et précise que récemment, bien à tort, en multipliant les déclarations et gestes agressifs contre la Russie.


TRUMP PATRIOTE ET CHRÉTIEN


Trump fait preuve de calme, de clarté, de fermeté. Cette clarté rompt avec le flou d’Obama. Lorsque les débats restent ouverts, y compris dans son équipe gouvernementale, ce qui est, après tout, chose normale, il l’indique sans fausse pudeur ou hypocrisie. Surtout le fond marque une rupture fondamentale, rupture avec ce que l’on a pu entendre d’Obama, du Premier ministre canadien Trudeau, ou de leurs correspondants européens, comme Angela Merkel, François Hollande et tant d’autres dirigeants du Système partageant le même esprit apatride, immigrationniste et gauchiste. Donald Trump est un chef d’Etat enraciné. C’est une première depuis très longtemps aux Etats-Unis. George W Bush (2001-2009) comme Ronald Reagan (1981-1989), parmi ses prédécesseurs républicains récents, avaient su jouer, avec plus ou moins de talent, la comédie de l’enracinement, tout en étant, en grattant un peu la fine couche de peinture, de purs mondialistes.

Ni Reagan ni Bush n’ont combattu le moins du monde l’invasion massive des Etats-Unis par des millions, puis des dizaines de millions de Latinos, venus alors principalement du Mexique. Donald Trump s’affirme véritable états-unien blanc, au patriotisme charnel indiscutable, fier de ses origines allemandes et écossaises. Son Christianisme, issu de la communion presbytérienne écossaise, l’inspire dans sa méfiance face à l’Islam, croyance religieuse, et même système religieux, violemment opposé dès sa fondation au VIIe siècle par Mahomet au Christianisme. L’Islam ne s’est nullement modernisé au fil des siècles ; Trump ne chante pas les louanges, comme son prédécesseur immédiat Obama ou même George W Bush, d’un mythique Islam des Lumières. Ce rêve de la franc-maçonnerie européenne ne s’est réalisé nulle part dans la durée : les quelques expériences réalisées dans l’Egypte de Méhémet-Ali ou la Turquie de Mustafa Kemal Atatürk ont été de réels échecs, avec des réformes laïcisantes vidées de leur substance par leurs successeurs. Le monde musulman vit en outre depuis quelques décennies un revival fondamentaliste, dont le Califat est l’incarnation la plus visible, la plus stricte, mais pointe extrême d’un phénomène d’ensemble et non épiphénomène aberrant. Sans être si précis, Trump ose avouer une méfiance envers l’Islam en général et l’immigration musulmane en particulier. Et il ose persister sur ce point, ne reniant rien de cette conviction profonde.


TRUMP ET LA CONSTRUCTION DU MUR


Quant à l’immigration des Latinos, il persiste finalement dans son programme de fermeté sur cette question essentielle pour l’avenir des Etats-Unis. Il a d’ailleurs été élu grâce à sa promesse centrale de construire un mur contre l’immigration-invasion des Latinos. Désormais les Mexicains ne sont plus forcément majoritaires dans les flux invasifs, plusieurs millions par an, qui persistent à franchir illégalement la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique : les ressortissants d’Amérique Centrale sont désormais très nombreux aussi. Le Mexique construit d’ailleurs un mur à sa frontière méridionale pour s’en protéger lui-même, tout en protestant contre ce futur mur de Trump au Nord. Les Guatémaltèques et Honduriens sont restés pour le type humain et la culture, bien que désormais largement hispanophones — et évidemment absolument pas anglophones —, beaucoup plus Indiens que les Mexicains, beaucoup plus métissés d’Européens, ce qui ne les rend d’ailleurs pas franchement Européens pour autant.

Ainsi le mur de Trump sera, semble-t-il, bel et bien construit. Il ne sera pas remplacé dans les faits par une timide et symbolique clôture, évidemment inefficace, comme avancé peu après son élection en novembre 2016. Les clandestins seraient massivement expulsés, même si les totaux sont devenus plus flous que les 15 millions de la campagne électorale, mais moins décevant que les 3 millions de délinquants de droit commun déjà condamnés, suivant l’interprétation minimaliste si décevante donnée par Trump lui-même en novembre. La pratique gouvernementale du nouveau président pourrait effectivement se reprocher des promesses de la campagne électorale. Cette simple application décente de l’exercice démocratique suffit à faire hurler au “populisme” compris comme la flatterie systématique des bas instincts dans le peuple, au fond méprisé par des élites qui se gaussent en petit comité des “sans-dents”. Trump devrait être au contraire félicité par les donneurs de leçon permanents en matière de démocratie. Comme il n’en est rien, il met à nu l’hypocrisie fondamentale du Système, ce qui constitue l’un de ses mérites.  […]


Sylvestre ALIBERT.