“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”

 

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Le salut par les musulmans ? 


Si l’on parle sérieusement, de la même façon que toute hérésie est une occasion de préciser le dogme, ou qu’une faute heureuse permet un rachat, de même toute religion, même la pire, tout groupe, tout homme, tout événement, toute chose, peut être un moyen de salut. Mais j’ai transposé ici sur le mode badin, ou du moins profane, politique, le titre où Bloy parlait des juifs  : il s’agit de se demander dans ce papier si la religion musulmane et la pratique de ses adeptes ne peuvent pas aider un Occident devenu fou à mettre un peu d’ordre dans sa vie de famille et dans ce qu’il est maintenant convenu d’appeler la bioéthique. Les musulmans peuvent-ils peser contre le “mariage” pour tous, l’explosion de l’homosexualité et de la pornographie, l’implosion de la famille traditionnelle, les mortelles fumées de la théorie du genre, bref, contre la nouvelle morale ?

Certains répondent fermement oui à la question. Et plutôt que de donner cent exemples de l’assistance que peut fournir l’islam contre le désordre moral peu à peu imposé par la complaisance post-soixante-huitarde, ils préfèrent en donner un symbole, Farida Belghoul. Cette enseignante musulmane, fille d’un éboueur algérien, est venue de l’extrême gauche immigrationniste, elle a organisé la première marche des Beurs en 1983, puis Convergence 1984, et puis, petit à petit, elle s’est mariée, a évolué vers le soufisme et s’est rendu compte des dangers de la nouvelle morale imposée par les “élites” mondialistes. Depuis, elle mène le combat contre la subversion LGBT, la théorie du genre, elle a organisé des journées « retrait de l’école », s’est alliée avec la Manif pour tous, Alain Soral et même Civitas. Avec efficacité, en amenant du monde, et en gênant l’adversaire, troublé par son origine, d’une manière comparable à Zemmour. En juin 2014, lorsque le ministère de l’Education nationale a renoncé à imposer partout les ABCD de l’égalité, qui, en niant toute différence entre les sexes, constituait « un véritable crime perpétré contre les enfants », Farida Belghoul a salué cette « victoire de la Convergence islamo-catholique ».

Cette « convergence islamo-catholique », perçue comme une combinaison des “intégrismes”, est la cible d’une bonne partie de l’extrême gauche enkystée dans le système politique français, c’est particulièrement sensible avec Charlie : les attaques portée par l’hebdomadaire contre l’islam, jusqu’au mois de janvier 2015, ont toujours été légères et parcimonieuses, et la religion du Livre était toujours englobée dans une offensive plus vaste visant l’obscurantisme religieux, dont le vaisseau amiral désigné est l’Eglise catholique. Un certain Occident post-soixante-huitard affichant sa libération sexuelle tous azimuts a englobé la face obscur(antiste) de l’islam dans son animadversation contre le rigorisme religieux. Cette chose qui ressemble à la haine s’épanche abondamment dans l’extrême gauche, mais s’exprime aussi dans des lieux politiquement moins corrects : par exemple à Riposte laïque, chez Marine Le Pen, ou, beaucoup plus tôt, dans l’extrême droite sioniste néerlandaise, ou nordique. L’affaire Taslima Nasreen, l’assassinat de Pim Fortuyn, l’ascension de Geert Wilders montrent que l’Occident a si peur qu’on le prive de ses mœurs décadentes qu’il peut se jeter au cou de l’extrême droite si elle les lui conserve.  […]


HANNIBAL.

Billet

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