“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”

 

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L’église au milieu du village


Ce n’est pas parce que nous ne cessons de le dire, de le répéter, de le démontrer… qu’il ne faut pas le réaffirmer chaque fois que l’occasion s’en présente : la lecture mémorielle, érigée comme dogme, de la fracture historique constituée par la Deuxième Guerre mondiale ordonne, en la bordant, c’est-à-dire en fixant des limites au pensable, l’exercice de la pensée humaine. Pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, la “mémoire” constitue la leçon de l’histoire : elle la prime et la supplante. Pour la première fois, une période historique échappe à la disputatio entre historiens et chercheurs, pis, est soustraite, interdite, à la possibilité même du débat, étant exclusivement réservée aux “travaux” des propagandistes et autres conditionneurs du prêt-à-savoir “citoyen”. De sorte que, s’agissant de ce sujet, qui eût dû rester un objet d’étude strictement historique, le chercheur en histoire est a priori et de facto dessaisi de toutes ses prérogatives et sommé de se faire propagateur univoque de vérité officielle1 ; colporteur de “témoignages”. Enfin, pour la première fois, un accident (non scientifique) de l’Histoire, devient, pour ainsi dire, un concept, et non seulement modifie le cours de l’histoire de la pensée mais encore s’immisce dans la nature même de la pensée, la nourrit, la modèle, la forme, l’entrave, l’oriente, lui assigne des interdits…


LA PENSEE EST JUIVE


Dire qu’aujourd’hui la pensée — la pensée des intellectuels dominants, donc la pensée dominante, reconnue, autorisée, acceptée par le plus grand nombre — est juive ne relève ni de la fantaisie ni du fantasme. Depuis la fin de la dernière guerre mondiale, ou plutôt depuis l’instrumentalisation de la lecture mémorielle de cette guerre, de ses causes et de ses avatars, la pensée est juive pour au moins deux raisons : 1/ parce que nulle pensée ne peut plus, pour le moment à tout le moins, s’affranchir de l’intrusion hétérogène dans la pensée occidentale de ce que les vainqueurs de 45 appellent la “Shoah” ; parce que nulle pensée n’est plus autorisée à faire abstraction de la présence consubstantielle en son sein de ce « corps étranger ». Certes, il serait exagéré d’affirmer qu’aujourd’hui penser, c’est penser la “Shoah”, mais il n’est pas faux de poser le constat qu’aujourd’hui penser, c’est penser avec la “Shoah”, c’est penser après la “Shoah” ; en d’autres termes, aujourd’hui penser, c’est penser sans cesser de penser à la “Shoah”. 2/ à cause des interdits — interdit de penser, interdit de penser que certaines pensées sont de la pensée, interdit de dire ce à quoi on réfute la qualité de pensée — que cette prise en main de la pensée par la “Shoah” induit. Poser des limites et des interdits à la parole au nom de l’éthique (avec ou sans guillemets) — et non au nom d’une vérité ou de la Vérité — est une posture typiquement juive, notamment dans le domaine de l’herméneutique ou de l’exégèse théologique. Donc, l’affirmation selon laquelle l’antisémitisme n’est pas une opinion mais un délit, est une affirmation intrinsèquement juive, non pas parce qu’elle est agréable aux juifs, non pas parce qu’elle sert la cause des juifs, non pas non plus parce que ceux qui ont donné à ce postulat une réalité légale et juridique seraient juifs ou “vendus” aux juifs, mais parce qu’elle repose sur cette posture juive selon laquelle on ne peut pas tout dire et que l’éthique intime le silence à l’indicible tel qu’il est défini par la morale revue et corrigée après et par l’événement majeur du XXe siècle, la cataclysme de la “Shoah”.


L’IMAM ET LE RABBIN : COPAINS COMME COCHONS


Nous nous inscrivons, bien sûr, en faux contre une telle manipulation de la pensée, contre pareille escroquerie intellectuelle. Pour au moins deux raisons. D’abord au nom de la liberté, ensuite au nom de la vérité. La liberté. Il n’est de pensée sans liberté de penser ; il n’est de parole possible sans liberté de tout dire. Fût-ce au risque de se tromper. Penser, c’est risquer l’erreur. L’erreur ne doit pas être interdite par la loi, au nom d’une morale aléatoire, mais démontrée et contredite par une autre pensée et une autre parole. Je veux bien être contredit, je veux bien qu’on démontre que ma pensée est fausse, indigne, indigente, scandaleuse, nulle, mais je veux qu’on me laisse la liberté d’être stupide, déraisonnable, indigne, scandaleux, fou, et celle d’avancer des opinions fausses et de proférer des paroles qui ne font pas l’unanimité ou qui font scandale. La vérité. Il n’est de pensée libre possible, c’est-à-dire de pensée qui cherche sinon la vérité du moins le bon sens — qui cherche à conserver ou à remettre l’église au milieu du village ! — si elle ne dispose pas des moyens de son exercice. Or les lois liberticides (Pleven, Gayssot…) qui entravent le libre exercice de la pensée et de la parole reposent sur des postulats faux, sur des distorsions sémantiques qui débouchent sur des interdits lexicaux, lesquels trouvent précisément leur origine et leur source — leur “légitimité” légale — dans l’instrumentalisation de la lecture mémorielle de la “Shoah” comme ingrédient constitutif, nécessaire et obligatoire, de la pensée contemporaine.

La pierre d’angle de cette entreprise d’empêchement d’une pensée libre et d’une pensée vraie est l’opprobre jeté sur toute affirmation suspectée de “racisme”. Le mot, dont personne n’interroge le sens, ou plutôt les sens, mais qui, tel qu’il est imposé à la foule, incarne sémantiquement, et dans la plus grande et la plus voulue des confusions, le mal absolu, pour ne pas dire l’absolu du Mal, constitue, sur l’échelle des valeurs de la morale évoquée ci-dessus, la frontière indéplaçable entre l’acceptable et l’inacceptable. On le sait dès la couveuse : le racisme, c’est mal. Mais pourquoi le racisme, est-ce mal ? Parce que, dans la doxa officielle, il est assimilé à l’antisémitisme. Dans les discours, les deux mots vont toujours — mécaniquement — de pair2. A la faveur de cette double forgerie sémantique (double parce que l’antisémitisme n’est pas nécessairement un “racisme” et qu’il ne conduit pas intrinsèquement à la volonté d’extermination physique des juifs, et qu’un “racisme” intelligemment entendu et défini ne débouche jamais sur une volonté d’élimination des races), les deux termes s’alimentent l’un l’autre et font, sur la plan du fantasme et de la défaite de la pensée, cause commune. Les anti-antisémites se servent donc de l’aversion “naturelle” du grand public pour le “racisme” pour avancer leur pion, et les “antiracistes” agitent le spectre de la “Shoah” pour faire progresser le leur. Tout ce petit monde y trouve son compte ; sur le dos de la France catholique et française.


TAUBIRA EN SINGE ? AH ! QUE NON, AH ! QUE NON…


Et peu importe si, à la faveur d’événements comme par exemple la guerre à Gaza, les deux camps finissent par tomber le masque, et qu’on apprend que les anti-antisémites sont des racistes comme tout le monde et que les antiracistes sont des antisémites comme bien des anti-antiracistes, l’essentiel, c’est que, même si dans les discours la collusion semble voler en éclat3, dans les faits, lorsqu’il s’agit d’empêcher les Français nationaux ou nationalistes de dire ce qu’ils pensent, la synagogue et la mosquée sont copains comme cochons. L’affaire du singe nous l’a encore une fois prouvé. L’affaire du singe ou plutôt, devrions-nous écrire, l’affaire du racisme anti-singe4. La condamnation d’Anne-Sophie Leclère, pour avoir, à l’instar de milliers de facebookeurs, mis sur sa page un photos-montage — dont elle n’est pas l’auteur — mettant en scène un bébé singe tout mignon aux côtés de l’attendrissante Taubira, à neuf mois de prison ferme est un scandale odieux et révoltant tant en raison de la nature de l’accusation que des conditions dans lesquelles la sentence a été arrêtée par un tribunal “d’exception”. Seuls se sont réjouis de la condamnation, ceux dont le seul combat est contre la France de toujours, et accessoirement contre le Front national5 : la pègre socialo-communiste, la pègre centriste (Bayrou : « C’est peut-être l’occasion de rappeler à ceux qui se livrent à de tels propos que ça n’est pas seulement interdit par la décence et la morale mais par la loi »), la pègre intellectualo-journaleuse et toutes sortes d’autres pègres… Le président de la Licra (la ligue contre le racisme ET l’antisémitisme, Cf. ci-dessus), M. Alain Jakubowicz, s’est réjoui de la condamnation en ces termes : « Les juges ont voulu envoyer un message, un coup de semonce… ».

En d’autres termes, M. J’accus’bowicz considère que dans un Etat de droit, les juges ont pour mission de faire de la politique, d’envoyer des messages à la société, de fomenter des coups de semonce, bref d’obéir aux ordres des Obersturmführer de la pensée j…ste. La réaction la plus ignominieuse, la plus saloparde, et la moins réfléchie, à cette condamnation, a été celle de Libération, le quotidien bobo-gauchard, qui, ne pouvant taire sa joie devant le sort réservé à la malheureuse Anne-Sophie, a titré : « POUR L’EXEMPLE ». Pour l’exemple… Quel (involontaire ?) aveu de la part de ceux qui, si l’on en croit leurs sempiternelles leçons de morale, devraient avoir TOUTE condamnation « pour l’exemple » en horreur, et pas seulement celles de certains soldats déserteurs de la Première Guerre mondiale. Oui quel aveu, lorsque l’on sait que les condamnations (à mort) « pour l’exemple », prononcées par des juridictions d’exception, étaient d’abord destinées à maintenir les troupes en état d’obéissance. En 2009, le romancier Jacques Chessex fit paraître un roman6 inspiré de faits réels, dans lequel il racontait l’assassinat d’un marchand de bestiaux juif, Arthur Bloch, par de prétendus nazis suisses. Le titre de ce roman ? Un juif pour l’exemple. Anne-Sophie Leclère : une Française, pour l’exemple ?


Jean-Philippe ROBIQUET,

<Jeanphilipperobiquet@gmail.com>.

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1. Sans même qu’il s’aventure dans des thèses révisionnistes ou négationnistes, il ne lui est permis de ne rien avancer sur le 3e Reich ou l’Etat français, qui ne soit conforme au discours officiel, seul autorisé.

2. Hollande, Valls et consorts : jamais ils n’emploient les deux termes séparément.

3. Qu’est-ce qu’on s’amuse : le recteur de la mosquée de Lyon vient de se fendre d’une bafouille adressée au Crif de Rhône-Alpes, dans laquelle il rappelle à ses amis juifs « la liberté d’opinion en France » (je pensais que pendant le Ramadan il était interdit de manger des clowns au petit-déjeuner) tandis que Roger Cukierman, président “national” du Crif, vient de déclamer, les yeux emplis de ce que la commémoration de la rafle du Vel’d’hiv lui a laissé de larmes : « On est en train d’exclure les juifs de la communauté nationale… ». Arrête, Roger, tu vas nous faire pleurer, nous qui en sommes déjà exclus !

4. Sous la plume des dessinateurs, tous les animaux servent à caricaturer des célébrités. Jamais de procès. Pour le singe, c’est autre chose. Le singe ne peut pas servir de modèle pour une caricature. Le singe : espèce protégée ?

5. Un FN “dédiabolisé” doublement piégé dans cette affaire. Non seulement il n’était question que de lui — ce qui prouve que les contorsions et les reptations ne servent à rien — mais encore il lui a fallu “lâcher” publiquement une deuxième fois cette ancienne militante au dévouement exemplaire, sacrifiée sur l’autel de la dédiabolisation.

6. Editions Grasset.

Billet

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