“Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir”

 

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Suicide français ou génocide programmé ?


C’est le grand succès du moment. Le dernier essai d’Eric Zemmour, Le suicide français sous-titré « Les 40 années qui ont défait la France » arrive désormais largement en tête du classement des ventes de livre. Le polémiste peut même se targuer d’avoir détrôné Valérie Trierweiler, qui squattait la première place depuis le 4 septembre, avec Merci pour ce moment. Selon l’éditeur Albin Michel, cité par Le Point, plus de 5 000 exemplaires du Suicide français trouvent preneur chaque jour. Imprimé initialement à 100 000 exemplaires, l’ouvrage a bénéficié d’un réassort de 20 000 exemplaires avant même sa sortie le 1er octobre. Ce succès, comme les excellents scores du Front national, est un symptôme qui montre l’inquiétude de plus en plus forte, de plus en plus massive de Français qui ne veulent pas mourir, qui n’entendent ni se métisser, ni être submergés, ni être remplacés et qui assistent, effarés et impuissants, à l’effondrement de leur nation et de toutes les structures traditionnelles. Ils ne reconnaissent plus la France qu’ils ont connue enfants. Les minorités ethniques et sexuelles, si visibles, si ostentatoires à la télévision, au cinéma, dans le monde de la chanson leur deviennent de plus en plus urticantes par leur communautarisme, leurs revendications incessantes, leur mépris du peuple, du terroir, des traditions, des racines.


DERISION, DECONSTRUCTION, DESTRUCTION


Avec talent et clarté, Eric Zemmour qui est sans doute l’un des plus brillants analystes politiques actuels et qui est incontestablement très cultivé (il écrit en un français académique, a le sens de la formule et de la synthèse et son livre est très agréable à lire) expose en une succession de courts chapitres les étapes de ce qu’il appelle « le suicide français ». Dès l’introduction, le ton est donné, le constat est implacable : « La France est l’homme malade de l’Europe. Les économistes évaluent sa perte de compétitivité. Les essayistes dissertent sur son déclin. Les diplomates et les soldats se plaignent en silence de son déclassement stratégique. Les psychologues s’alarment de son pessimisme. Les sondeurs mesurent son désespoir. Les belles âmes dénoncent son repli sur soi. Les jeunes diplômés s’exilent. Les étrangers les plus francophiles s’inquiètent de la dégradation de son école, de sa culture, de sa langue, de ses paysages, de sa cuisine même. La France fait peur ; la France se fait peur. La France est de moins en moins aimable ; la France ne s’aime plus. La douce France vire à la France amère ; malheureux comme Dieu en France ? Les Français ne reconnaissent plus la France. […] Tout est en carton-pâte. Tout est factice. Tout est retourné, renversé, subverti. […] Nous ne savons plus où nous allons, car nous ne savons plus d’où nous venons. On nous a appris à aimer ce que nous détestions et à détester ce que nous aimions. »

Pour Zemmour, l’origine de tous nos maux, c’est mai 1968 : « Le triptyque soixante-huitard : Dérision, Déconstruction, Destruction, sapa les fondements de toutes les structures traditionnelles : famille, nation, travail, Etat, école. L’univers mental de nos contemporains devint un champ de ruines. » Et le coruscant essayiste de relater en détails « l’histoire d’une dépossession absolue, d’une désintégration inouïe, d’une dissolution dans les “eaux glacées” de l’individualisme et de la haine de soi ».


LA DESTRUCTION DE LA FAMILLE TRADITIONNELLE


Avec courage et grand talent, le journaliste rappelle les différentes étapes de la destruction de la famille depuis la loi Neuwirth (1967) jusqu’au pseudo-mariage homosexuel (2013) en passant par la suppression de l’autorité paternelle au profit de l’autorité parentale (1970), par l’égalité des droits à l’héritage pour les enfants légitimes et adultérins (1972), par la légalisation de l’avortement (1975), par la dépénalisation des relations homosexuelles concernant des mineurs (1982), par le pacte civil de solidarité (1999), par le délit dit d’“homophobie” (2004), par l’alignement du Pacs sur le mariage civil en matière fiscale, successorale et patrimoniale et par les projets actuels de PMA et de GPA pour les invertis auxquels a été concédé l’année dernière le droit de “se marier”. A cet égard, Zemmour rappelle fort opportunément que la parodie de mariage entre Coluche et Le Luron en 1985 et qui précéda de quelques mois leur mort tragique est annonciatrice du mariage inverti d’aujourd’hui : « Avec une grande prescience, nos deux comiques annonçaient l’ère parodique et, trente ans plus tard, la législation autorisant le mariage homosexuel, qui en fut la plus magnifique illustration. Un mariage homosexuel ne peut être qu’une simulation parodique, puisqu’il faut quand même un homme et une femme pour fabriquer un enfant et fonder cette famille, principal objectif du mariage. » Et Zemmour de dénoncer le tyrannique pouvoir gay qui a « la volonté totalitaire mal dissimulée de nous transformer en androgyne, en neutre, ni homme ni femme ». Non seulement, dans ce schéma, l’individu peut choisir à tout moment son orientation sexuelle mais plus encore son identité sexuelle dont il peut sans cesse changer. L’individu peut s’inventer chaque jour. Peut-on aller plus loin dans la perte des repères, de l’identité, des certitudes ?


LA NATION DETRUITE PAR L’EUROPE DE BRUXELLES, LA MONDIALISATION ET L’IMMIGRATION


Lucide sur la destruction de la famille, Zemmour l’est tout autant sur l’immmigrationnisme, le multiculturalisme et l’idéologie du métissage obligatoire. Dans son chapitre consacré à Sos-Racisme, il explique que « c’est à l’Elysée, en grand secret, que l’association a été forgée (en 1984). Les conseillers politiques et les communicants présidentiels sont à l’œuvre ; et Mitterrand à la manœuvre. […] SOS-Racisme est la réponse mitterrandienne aux événements de l’année précédente : virage économique libéral au nom de l’Europe, percée électorale du Front national, sans oublier le succès de la marche des Beurs. » Zemmour rappelle que les parrains de SOS-Racisme sont les juifs Bernard-Henri Lévy et Marek Halter, que « l’extrême gauche juive, des mouvements trotskistes à l’UEJF, est aux manettes ». Le talentueux polémiste remarque que la main jaune de SOS-Racisme « rappelle à la fois l’étoile jaune que les Juifs devaient porter en zone occupée et la main de Fatima, porte-bonheur islamique ; elle marque cette continuité inlassablement répétée entre les persécutions des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et l’hostilité xénophobe aux Maghrébins dans les années 1970 et 1980. Souvenirs de l’Occupation et ratonnades sont mêlés dans une grande confusion historique et intellectuelle, mais avec une redoutable efficacité propagandiste ». Zemmour rapporte, comme nous l’avons souvent fait à RIVAROL, qu’à la une du premier numéro du journal Globe, mensuel de gauche antiraciste et juif d’obédience mitterrandienne fondé en novembre 1985 par Georges-Marc Benamou, aidé financièrement par Pierre Bergé et Bernard-Henri Lévy, on pouvait lire en guise de profession de foi : « Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref franchouillard ou cocardier, nous est étranger voire odieux. » […]


Jérôme BOURBON.

Billet

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